Antiquité

Les plus anciennes traces de civilisation au Portugal datent du Paléolithique : peintures et gravures rupestres des grottes d’Escoural (Alentejo), de Mazouco (Tras-os-Montes) et surtout de Vale de Côa, datées entre 22 000 et 10 000 ans avant J-C. La majorité de ces traces se trouvent au nord du Tage et témoignent de l’existence de peuples vivant de chasse et de cueillette.

Environ 10 000 ans avant J.-C., la Péninsule ibérique est habitée par des peuples autochtones connus plus tard comme les Ibères. Ceux-ci occupent surtout l’intérieur des terres.

Entre 4000 et 2000 avant J.-C., les terres correspondant au Portugal et à la Galice voient se développer une culture mégalithique originale par rapport au reste de la péninsule: elle se caractérise par son architecture funéraire et religieuse particulière et par la pratique de l’inhumation collective. On peut encore trouver dans le pays de nombreuses traces de cette religiosité même si la plupart sont concentrées dans l’Alentejo : le cromlech d’Almendres près d’Evora (le plus important alignement de menhirs d’Europe), ceux de Vale Maria do Meio ou de Portela de Mogos ainsi que le dolmen de Zambujeiro.

L’âge de bronze voit se développer des contacts maritimes entre le littoral atlantique et celui de la Bretagne et des îles Britanniques alors que le sud de la péninsule entretient des liens commerciaux avec la Méditerranée : des Grecs et des Phéniciens venus de l’actuel Liban ainsi que leurs descendants carthaginois y installent de petits comptoirs commerciaux semi-permanents. Le moteur de ce commerce est la richesse de la péninsule en métaux (or, argent, fer et étain). Les Phéniciens auraient ainsi fondé Lisbonne autour de l’an 1000 avant J.-C. La légende veut même que ce soit Ulysse qui ait donné son nom à la ville. Mais seul le site d’Abul, près d’Alcácer do Sal, demeure incontestable.

Parmi les peuples ibères se trouvent les Tartessiens, qui occupent l’est et le sud de la péninsule autour du Guadalquivir. Cette puissante civilisation, fortement influencée par les Phéniciens et les Grecs avec qui ils font commerce de bronze et d’argent, disparaît avec l’arrivée des Carthaginois en 235 avant J-C.

L’âge du fer voit arriver dans la région un peuple indo-européen, les Celtes, occupant bientôt le centre et l’ouest de la péninsule. Ils restent les mieux connus: ils vivent regroupés en petits noyaux de population isolés, établis sur les hauteurs avec des habitations circulaires (castros) et pratiquant l’agriculture et l’élevage. Chaque maison (150 environ) est défendue par une enceinte (comme on peut en voir dans la Citânia de Briteiros). On trouve aussi dans ces regroupements un édifice funéraire. Comme ils maîtrisent le fer, le travail de la terre devient plus efficace, les cueillettes augmentent, améliorant par la même les conditions de vie et la démographie.
Les tribus celtes et ibères se sont mêlées pour donner les peuples celtibères dont font partie les Lusitaniens et les Gallaeci. Plusieurs tribus différentes couvrent ainsi la péninsule avec chacune sa particularité. Elles vivent, en général, autour des montagnes et ne s’intéressent pas à la mer.

Les Lusitaniens occupent une partie du territoire actuel du Portugal. Possédant déjà une langue différente, ils s’émancipent peu à peu de la culture celte et s’étendent vers l’Estremadure.

Les Carthaginois ont débarqué dans la Péninsule au iiie siècle av. J.-C. et en ont occupé la moitié sud. Ils sont venus attirés par ses ressources minières mais aussi par la réputation des guerriers ibères, un atout précieux face à Rome. Avec les Lusitaniens qui s’allient avec eux, ils formeront même la principale résistance à l’invasion romaine dans la péninsule.

La région est ainsi le point de rencontre de populations venues d’horizons différents sur lesquelles va se greffer la culture romaine.

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